AUX SOURCES DU PÈLERINAGE

En 876, le Roi Charles le Chauve fait don au sanctuaire de Chartres du voile de la Vierge. A partir de cette date, la ville devient un centre marial majeur en France. Jusqu’à la Révolution, de nombreux pèlerins, ainsi que la plupart des rois de France viennent à Chartres, où des miracles sont recensés.

Au XIXème siècle, le sanctuaire renaît :

  • 1860, consécration de la cathédrale ;
  • 1873, naissance du pèlerinage national ;
  • 1876, millénaire de la donation du voile ;
  • 1908, la cathédrale est proclamée « basilique » pèlerine par le pape Pie X.


« On voit le clocher à dix-sept kilomètres sur la plaine. De temps en temps, il disparaît derrière une ondulation, une ligne de bois. Dès que je l’ai vu ç’a été l’extase. Je ne sentais plus rien, ni la fatigue, ni mes pieds. Toutes mes impuretés sont tombées d’un coup. J’étais un autre homme »
Charles Péguy

Si le sanctuaire attire alors beaucoup de pèlerins, c’est Charles Péguy qui réactive la tradition médiévale de la marche à pied vers Chartres. En 1935 est organisé la première édition pèlerinage étudiant de Paris à Chartres avec une poignée d’étudiants de la Sorbonne. Au fil des années, le pèlerinage ne cesse de se développer et de se structurer : de la Libération à 1960, c’est un étudiant francilien sur quatre qui y participe.

Le pèlerinage rencontre moins de succès à partir du milieu des années 1960 mais il reprend de la vigueur dans les années 1990 avec la perspective des Journées Mondiales de la Jeunesse à Paris.

« Dimanche et lundi de la Pentecôte, deux jours libres, je vais aller à Chartres.

Dimanche matin, à Notre-Dame de Paris. La grande nef est silencieuse dans la demi-lumière qui tombe des verrières. Quelques jeunes gens sacs au dos, un ou deux militaires, quelques vieilles femmes, des bonnes sœurs assistent à la messe basse dans une toute petite chapelle. Il faut faire d’interminables détours à cause de l’Exposition. La ville s’amenuise jusqu’à devenir la banlieue, puis la campagne. Le Pont de Sèvres, le Château de Versailles si beau après la laideur des rues, puis la splendeur de la forêt.

A la cadence des pas, les Ave Maria du chapelet se succèdent. Ave dits à de multiples intentions, sur de multiples sujets, puis aussi pour les gens rencontrés au bord de la route :

… pour ces bohémiens crasseux et cette petite romanichel en oripeaux multicolores qui doit chaparder les volailles dans les fermes ;
… pour ce cheminot qui chemine comme moi, mais parce que lui sans doute ne peut faire autrement ;
… pour ces soldats rencontrés au camp de Satory et qui me crient que le goût de la marche me passera au service militaire ;
… pour ces touristes insupportables qui parlent tout haut dans la chapelle au village de Dampierrev ;
… pour cet ouvrier qui m’a lancé au passage : « En v’la un qui joue au dur » ;
… pour ces petits scouts qui, pour que je les accompagne, m’ont indiqué si gentiment un raccourci qui m’allonge de trois kilomètres ;
… pour ces belles dames élégantes qui, de leurs voitures, sourient au pauvre porteur de sac.

La forêt m’entoure, si belle qu’elle devient une prière. Tout seul je fais en moi-même une retraite fermée, avec mon âme pour cellule et la forêt pour monastère. Paris : 40 kilomètres, indique une flèche pointée contre moi ; mais j’en ai fait 45, car il y a eu les détours de l’Exposition et le raccourci des petits scouts. 15 kilomètres encore avant d’arriver à Rambouillet. Mes pieds me font mal parce que, au fond, ils ont toujours préféré l’étrier à la route. Le sac se fait plus lourd, la fatigue mauvaise.

Mes pas martèlent des Ave distraits. La fatigue maintenant est ma véritable prière. Ce kilomètre pour cet ami qui m’est cher. Cet autre en union avec le Christ au Calvaire. Cet autre et cet autre encore pour tous mes vieux péchés qui font tache grise sur le passé. Rambouillet : 5 kilomètres. La nuit est tombée. A dix heures et demie du soir, fourbu, j’arrive enfin dans la ville. Je comptais cantonner dans une ferme. Il est trop tard et je ne veux pas réveiller les gens. J’entre dans un petit hôtel. Il est complet. Le deuxième aussi et le troisième. Il se met à pleuvoir. Je commence une méditation sur Bethléem, et une auberge m’offre enfin, au grenier, une chambre où courent des punaises. Qu’il fait bon se doucher dans une cuvette inconfortable, se mettre en pyjama, s’étendre, dormir… avec nos sœurs les punaises, qui ne m’ont pas paru si terribles qu’on le dit. Lundi matin. En route pour Chartres. Il pleut à torrents, mes jambes sont courbaturées et je dois être de retour à Paris cette après-midi.

Quelques kilomètres après Rambouillet, une voiture s’arrête. Elle va à Chartres.
Béni sois-tu mon Dieu, pour les chauffeurs compatissants qui recueillent les pèlerins fourbus, ruisselants et pressés. Je roule à travers cette Beauce qui a été faite si plate sans doute pour nous permettre de mieux admirer les beautés de la montagne. En voiture, je rêve à cette lente découverte du clocher de Chartres, dont parle Péguy et que je fis jadis avec le Clan. Une longue prière dans la cathédrale de beauté. Une heure de train. Paris. La vie coutumière qui reprend. Mais j’ai de l’air pur plein le cœur et l’âme. Routier, mon frère, lorsque tu seras seul à Paris, avec deux jours de libres devant toi, va à Chartres. On en revient meilleur. »

Guy de Larigaudie est routier, mort pour la France le 11 mai 1940.

L’appel de Jean-Paul II

 

Dans sa lettre apostolique adressée aux jeunes du monde en la solennité des Rameaux 1985 à l’occasion de l’année internationale de la jeunesse, Jean-Paul II se base sur ces paroles de l’homme riche (jeune d’après Saint Matthieu) que nous rapporte l’évangéliste Saint Marc pour inviter chacun d’entre nous à poser au Christ cette question de la Vie éternelle. Il revient ainsi à chacun d’effectuer par un discernement intérieur la quête personnelle de cette éternité.

Pour cela, il nous est nécessaire de dépasser la facilité que représente le fait d’attendre que Dieu nous dise ce que nous devons faire. Il nous incombe en effet de reconnaître en nos vies les signes de Dieu. Nous pourrons ainsi découvrir notre propre vocation à la vie afin que nous puissions devenir, à l’image du Christ, au don de soi, lequel don a atteint son accomplissement ultime dans la Passion salvatrice de Notre Seigneur Jésus-Christ.

 

Le pèlerinage des jeunes d’Ile-de-France

Dans sa forme actuelle, le pèlerinage est organisé par les jeunes eux-mêmes, avec le soutien de la MECI, Mission Étudiante Catholique Ile-de-France. Dans les années 2010, le pèlerinage des étudiants s’ouvre aux jeunes professionnels, afin de mieux accompagner la transition entre fin d’études et entrée dans la vie professionnelle.

Le pèlerinage de Chartres se situe, comme les JMJ de 2016 à Cracovie, dans la continuité de cet appel aux jeunes de Jean-Paul II, qui nous invite à rechercher ensemble notre vocation à la vie et à nous rassembler à la rencontre du Christ.

En 2017, le pèlerinage a lieu le WE du dimanche de la Miséricorde, et rassemble un millier de jeunes autour du thème « Entrer dans la joie ». Le programme du pèlerinage propose aux participants de se rassembler autour du même itinéraire de marche pour cheminer ensemble dans la Beauce. Parmi les nouveautés, un départ est proposé par certains diocèses dès le vendredi soir, et les pèlerins entrent dans Chartres le samedi soir. Une veillée d’adoration est proposée dans la Cathédrale.

En 2018, les jeunes se rassembleront autour du thème de l’Espérance : « Qui nous fera voir le bonheur ? »

« Me viennent à l’esprit les paroles que Dieu adressa à Abram : « Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père, pour le pays que je t’indiquerai » (Gn 12, 1). Ces paroles s’adressent aujourd’hui aussi à vous : ce sont les paroles d’un Père qui vous invite à « sortir » pour vous lancer vers un futur non connu mais porteur de réalisations certaines, vers lequel lui-même vous accompagne. Je vous invite à écouter la voix de Dieu qui résonne dans vos cœurs à travers le souffle de l’Esprit Saint. »

Pape François

D’un pèlerinage à l’autre !

Le pèlerinage en 1956…

Le pèlerinage en 2018 !

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